Discordes autour du Canal de la ConcordeDes compagnies, des guildes se sont peu à peu créées au coeur des villes qui jalonnent le Canal de la Concorde, chacune essayant d'asseoir son influence au sein de sa propre ville dans les premiers temps. Puis dès lors que l'influence de la compagnie ou de la guilde était en place, contrôlant peu à peu les rues, puis peu à peu les quartiers, elle prenait en quelque sorte le pouvoir sur la ville qui l'avait vu naître.
Il fallait bien sûr que les compagnies sachent jouer sur tous les tableaux, maniant parfois habilement et subtilement le verbe et la diplomatie, pour amener le calme et la paix dans la ville, comme parfois il fallait démontrer le contraire, sortir les armes et faire preuve d'autorité, pour contrer un fait, un désaccord, et asseoir davantage son pouvoir. Lâcher des espions dans les bas-fonds des quartiers mal fréquentés était un lot commun pour les compagnies, glaner des informations, en fournir de fausses parfois, un drôle de jeu particulier sur la connaissance de sa ville était impératif. Et parfois il arrivait des faits inattendus, des retournements de situation, des événements incontrôlables qui échappaient aux compagnies, menés par un groupe, un personnage, qui, s'il ne finissait pas par périr au bout d'une lame, se voyait certainement avoir des propositions de travail dans la compagnie. De tels faits apportaient bien évidemment une certaine notoriété à l'acteur du tourment et à la compagnie elle-même.
Ce qui semblait étonnant au fur et à mesure, c'est ce savant mélange des peuples dans les compagnies, là où hier les différents peuples étaient ennemis et se livraient la guerre sans cesse, ils arrivaient à trouver un terrain d'entente au sein des compagnies, sans doute chacun motivés pour de bonnes raisons que les autres ignorent. Pour autant, chaque peuple se cotoyait dans la compagnie mais le mélange s'arrêtait là, des petits groupes se constitutaient, mais formés uniquement de membres d'un seul peuple. Bien que... une rumeur circulerait à Acier... Une femme aux couleurs avaloniennes se trimballerait souvent avec un groupe constitué de khaliman, d'aurlok et de triadiques...
Les compagnies, les guildes de chaque ville le long du Canal de la Concorde, finissaient par se bâtir une sacré réputation, et dès lors tout le monde convenait de les appeler "les crocs". Bien évidemment, l'influence de chaque croc sur sa propre ville ne suffisait plus, il fallait étendre encore plus son territoire, et chaque jour essayer d'infiltrer par tous les moyens les villes et territoires détenus par les crocs adverses, tout en conservant l'influence sur les siens. Les crocs enrôlaient sans cesse des khalimans, des aurloks, des avaloniens, des triadiques, pour alimenter des multitudes de petits groupes, avec chacun sa tâche à effectuer et son rôle à jouer dans la propagation du croc dans la région du Canal de la Concorde.
C'est ainsi qu'une bataille sournoise est engagée tout le long du canal depuis des centaines de cycle, et que l'ancienne guerre des peuples a laissé place à la guerre des crocs. En apparence, le Canal de la Concorde semble être un long fleuve tranquille, bercé par le flot des commerces, les navires qui passent et repassent, une certaine quiétude et douceur de vivre dans la région... mais il n'en est rien, c'est bel et bien la discorde qui règne autour du Canal de la Concorde.
(Nicoleblond)